L’alcool fait partie du quotidien de nombreuses personnes : un verre lors d’un repas, une célébration, un moment convivial. Pourtant, son impact sur la santé reste souvent sous-estimé, en particulier en ce qui concerne le risque de cancer. À l’occasion du Dry January – ou simplement pour mieux comprendre les enjeux de prévention – il est utile de faire le point sur ce que dit réellement la science aujourd’hui. Sans culpabiliser, mais avec des informations claires pour permettre à chacun de faire des choix éclairés.

L’alcool dans l’organisme : un passage rapide, une élimination lente

Contrairement aux aliments, l’alcool n’est pas digéré. Après ingestion, il passe rapidement dans le sang et est distribué à l’ensemble des organes. C’est le foie qui assure l’essentiel de son élimination, à hauteur de 95 à 98 %.
Cependant, cette élimination est lente et limitée : en moyenne, l’organisme élimine l’équivalent d’un verre standard par heure. Boire plusieurs verres rapprochés entraîne donc une accumulation d’alcool dans le sang, exposant les tissus à ses effets toxiques plus longtemps.

Pourquoi l’alcool augmente le risque de cancer

Sur le plan scientifique, un point est clairement établi : l’alcool est un cancérogène reconnu. Cela signifie qu’il peut favoriser l’apparition de cancers, quel que soit le type de boisson consommée (vin, bière, spiritueux).
Lorsqu’il est métabolisé par le foie, l’alcool se transforme en acétaldéhyde, une substance toxique capable d’endommager l’ADN des cellules. Ces altérations peuvent, avec le temps, favoriser le développement de cellules cancéreuses.

Les cancers les plus fortement associés à la consommation d’alcool concernent notamment :

  • la bouche, le pharynx, le larynx et l’œsophage,
  • le foie,
  • le côlon-rectum,
  • le sein.

Un message clé ressort des données scientifiques : le risque augmente avec la quantité consommée, mais il existe dès les premières consommations. Autrement dit, il n’existe pas de seuil totalement sans risque.

Femmes et hommes : une inégalité face à l’alcool

À consommation identique, les effets de l’alcool ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Les femmes, par exemple, présentent généralement une alcoolémie plus élevée que les hommes pour une même quantité d’alcool consommée.
Cela s’explique par des différences biologiques, notamment une proportion plus faible d’eau dans l’organisme et une capacité de dégradation de l’alcool parfois moindre. En pratique, cela signifie que les tissus sont davantage exposés aux effets nocifs de l’alcool, ce qui peut augmenter certains risques pour la santé.

« Un verre, ce n’est pas grave » : une idée reçue tenace

Beaucoup de personnes pensent que certaines boissons seraient moins risquées que d’autres, ou qu’un verre par jour serait sans conséquence. Or, ce n’est pas la boisson qui compte, mais la quantité d’alcool pur ingérée.
Un verre standard contient environ 10 grammes d’alcool pur, quelle que soit la boisson. Vin, bière ou spiritueux ont donc les mêmes effets sur la santé à quantité d’alcool équivalente. De plus, certaines boissons actuelles sont plus alcoolisées qu’auparavant, ce qui peut conduire à consommer plus d’alcool sans s’en rendre compte.

Pourquoi chaque verre compte en prévention

Dire que « chaque verre compte » ne signifie pas qu’il faille viser la perfection ou l’abstinence totale. Cela signifie que réduire sa consommation, même modestement, peut déjà avoir un impact positif sur la santé.
Moins l’organisme est exposé à l’alcool, moins les cellules sont confrontées à ses effets toxiques. Cette logique est au cœur des démarches de prévention, comme le Dry January, qui proposent une pause pour observer sa consommation et ses effets sur le corps.

Et si on faisait une pause, même temporaire ?

Faire un mois sans alcool peut permettre de :

  • soulager le travail du foie,
  • améliorer la qualité du sommeil,
  • reprendre conscience de ses habitudes,
  • réfléchir à sa consommation sur le long terme.

Il ne s’agit pas d’un défi ou d’une obligation, mais d’une opportunité pour mieux comprendre son corps et ses besoins.

La science est claire : l’alcool joue un rôle dans le développement de plusieurs cancers, et ce risque commence dès les premières consommations. Sans dramatiser ni culpabiliser, mieux s’informer permet de reprendre la main sur sa santé.
En cas de question ou de situation particulière, notamment pendant ou après un cancer, il est essentiel d’en parler avec un professionnel de santé, qui pourra donner des conseils personnalisés et adaptés.

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