Pendant un parcours de soin, on reçoit beaucoup d’informations en peu de temps, souvent à un moment où l’on n’a pas la tête à les retenir. Sur ses réseaux sociaux, Oncogard a fait un choix : plutôt que de longs textes, des formats courts qui ressemblent à de petits jeux. Un Vrai/Faux pour défaire une idée reçue, un mot du glossaire chaque mois, des questions simples posées aux médecins. Ces formats comptent aujourd’hui parmi les publications les plus vues et les plus enregistrées des comptes d’Oncogard. Voici comment ils fonctionnent, ce que les chiffres en disent et les règles qui les encadrent.

Le Vrai/Faux, pour défaire une idée reçue avant qu’elle ne s’installe

Les idées fausses sur le cancer circulent vite, et elles résistent bien. Le Baromètre cancer 2021 de l’Institut national du cancer et de Santé publique France, mené auprès de près de 5 000 personnes, montre que 23,5 % des Français pensent qu’un peu de vin diminue le risque de cancer, et que plus de deux tiers ignorent que l’allaitement protège du cancer du sein. Ces croyances ne viennent pas d’un manque d’intelligence : elles sont plausibles, on les entend autour de soi, et personne ne prend le temps de les corriger. Le carrousel Vrai/Faux part de ce constat. Chaque slide pose une affirmation que l’on a déjà entendue, par exemple « le sucre nourrit le cancer » ou « la radiothérapie rend radioactif », donne la réponse, puis l’explique en deux phrases.

Le format mélange volontairement les vraies et les fausses affirmations, en général deux de chaque. S’il ne contenait que des pièges, il apprendrait surtout à se méfier de tout. En alternant, il rappelle aussi des choses justes et utiles, comme le fait qu’une séance de radiothérapie est indolore ou que l’activité physique adaptée aide à mieux supporter la fatigue. Les thèmes changent chaque mois : la radiothérapie, l’activité physique, l’alimentation. La réponse est affichée directement sur chaque slide. Le but n’est pas de piéger le lecteur ni de lui donner une note, mais de lui laisser une information claire qu’il peut retrouver et partager. Le Vrai/Faux sur l’alimentation, publié le 24 juillet 2026, a ainsi été vu par 5 497 personnes sur Facebook.

Voir le Vrai/Faux « Alimentation et cancer » sur Facebook : des idées reçues sur l’alimentation pendant un cancer, chacune avec sa réponse et son explication.

Se poser la question aide à retenir la réponse

Pourquoi passer par une question plutôt que par une simple phrase d’information ? Les recherches en psychologie de l’apprentissage apportent un élément de réponse. En 2006, les chercheurs Henry Roediger et Jeffrey Karpicke ont comparé deux groupes d’étudiants : les uns relisaient un texte, les autres devaient se rappeler son contenu. À court terme, la relecture donnait de meilleurs résultats. Deux jours et une semaine plus tard, c’était l’inverse : ceux qui avaient fait l’effort de se rappeler retenaient davantage. On appelle ce phénomène l’effet de test, et il a depuis été confirmé par de nombreux travaux, repris notamment par le Cnesco en France.

Ces études portent sur l’apprentissage scolaire, pas sur l’information médicale, et il serait abusif d’en promettre les mêmes effets. Mais le principe se retrouve dans le Vrai/Faux : quand on lit « la chimiothérapie fait toujours perdre les cheveux ? », on se demande spontanément ce qu’on en pense avant de lire la réponse. Ce petit temps de réflexion rend l’explication plus marquante qu’une phrase lue en passant. C’est ce qui fait la différence entre un contenu que l’on fait défiler et un contenu dont on se souvient au moment d’en parler avec son médecin.

Un mot par mois : le glossaire comme fil conducteur

Le vocabulaire de l’oncologie peut à lui seul rendre une consultation intimidante. Biopsie, métastase, rémission : ces mots reviennent souvent, et l’on n’ose pas toujours demander ce qu’ils veulent dire exactement. Le glossaire d’Oncogard en explique un par mois, en partant d’une question simple, « C’est quoi une tumeur ? », puis en donnant une définition de deux ou trois phrases et quatre points à retenir. Les définitions s’appuient sur des références publiques, en premier lieu le glossaire de l’Institut national du cancer sur cancer.fr.

Les mots ne sont pas choisis au hasard. Ils suivent l’ordre dans lequel on les rencontre pour comprendre la maladie : la radiothérapie, puis la cellule, la tumeur, et bientôt la métastase, la biopsie et la chimiothérapie. Chaque post annonce le mot suivant, ce qui transforme la série en rendez-vous, un peu comme un feuilleton. Le lecteur avance pas à pas, avec à chaque fois une notion qui s’appuie sur la précédente. C’est aussi un format que les abonnés gardent : le glossaire sur la tumeur, publié le 6 août 2026, est, à égalité avec le Vrai/Faux sur l’alimentation, la publication du fil Instagram (hors vidéos) la plus enregistrée sur la période. Celui sur la cellule, publié le 9 juillet 2026, a été vu par 7 720 personnes sur Facebook.

Voir le glossaire « C’est quoi une cellule ? » sur Facebook : la définition, quatre points à retenir et l’annonce du mot suivant, la tumeur.

Les questions pas bêtes : la parole aux soignants

Le troisième format est une vidéo courte. Une question que tout le monde se pose sans forcément oser la poser, formulée avec des mots simples, puis la réponse donnée face caméra par un médecin d’Oncogard. « Est-ce que tous les cancers sont graves ? », « Peut-on avoir un cancer sans symptôme ? », « Peut-on avoir deux cancers en même temps ? », « Est-ce que tout le monde a des cellules cancéreuses dans le corps ? » : les questions viennent de ce que les patients et leurs proches demandent vraiment, et les Dr Boutte, Alcaraz et Legouffe y répondent avec leurs propres mots.

Le nom du format dit l’essentiel : il n’y a pas de question bête. Beaucoup de patients repartent de consultation avec une interrogation qu’ils n’ont pas osé formuler, par peur de faire perdre du temps ou de paraître mal informés. Voir un médecin répondre calmement à ces questions-là leur donne une forme de permission. Rien n’est écrit à la place des soignants : la réponse est la leur, ce qui permet aussi de découvrir les visages de l’équipe avant de la rencontrer. La vidéo du Dr Boutte sur la gravité des cancers et les cancers sans symptôme, publiée le 18 février 2026, a été vue 118 983 fois sur Instagram et partagée 78 fois.

Voir la vidéo du Dr Boutte sur Instagram : « Est-ce que tous les cancers sont graves ? » et « Peut-on avoir un cancer sans symptôme ? », avec les réponses du médecin face caméra.

Ce que montrent les chiffres

Entre le 1er novembre 2025 et le 31 août 2026, d’après les statistiques Metricool des comptes Instagram et Facebook d’Oncogard, toutes publications organiques et sans aucune publicité payante, ces trois formats se détachent nettement du reste. Les 10 vidéos « Les questions pas bêtes » ont totalisé 221 921 vues sur Instagram, soit 94 % des vues de toutes les vidéos du compte sur la période. Les 10 autres vidéos (métiers, coulisses, événements) en ont réuni 14 286 à elles toutes. Une vidéo de questions est vue environ 8 300 fois en valeur médiane, une autre vidéo environ 700 fois. Les trois premiers glossaires ont touché en moyenne 359 comptes sur Instagram, quand une publication habituelle du compte en touche environ 140.

Ces chiffres disent quelque chose de simple : les patients et leurs proches cherchent des réponses claires, et ils les gardent quand ils les trouvent. Les enregistrements et les partages, plus encore que les vues, montrent que ces contenus servent après la lecture, pour être relus ou envoyés à quelqu’un. Ces formats sont conçus avec The Gratin, agence social media basée à Montpellier et dirigée par Yohan Bernardin, qui accompagne Oncogard sur ses réseaux sociaux. L’agence imagine les formats, rédige les textes à partir des sources, tourne et monte les vidéos, puis soumet chaque contenu à la validation des médecins. La répartition est claire : l’agence s’occupe de la forme et de la clarté, l’équipe soignante garde la main sur le fond.

Ludique ne veut pas dire léger : les règles qui encadrent ces formats

Rendre l’information plus agréable à lire ne doit jamais la rendre moins juste. Chaque contenu est donc vérifié sur des sources de référence (Institut national du cancer, Fondation ARC, Santé publique France, Ligue contre le cancer) puis relu par l’équipe médicale d’Oncogard avant publication. Certains sujets restent volontairement hors du champ des réseaux sociaux : les noms de médicaments, les dosages, le détail des protocoles ou des effets secondaires. Ces informations dépendent de chaque situation et se discutent avec l’oncologue, pas sur un carrousel.

Le ton fait partie de ces règles. Pas de compte à rebours, pas de score, pas d’injonction à « jouer le jeu » : le côté ludique tient au format, pas à une mécanique pour retenir l’attention. Une bonne audience n’est jamais une raison de simplifier une réponse au point de la rendre fausse. Quand une question n’a pas de réponse unique, la vidéo ou le carrousel le dit, et renvoie vers l’équipe soignante.

Où retrouver ces contenus, et quoi en faire

Les Vrai/Faux, le glossaire et les questions pas bêtes sont publiés sur Instagram (@oncogard) et sur Facebook, au fil du mois, à côté des informations pratiques sur les ateliers et rencontres de l’Espace de rencontres et d’information (ERI). Ils sont produits par The Gratin et validés par l’équipe médicale d’Oncogard. Ils ne remplacent pas une consultation, mais ils peuvent la préparer. Si une affirmation vous surprend, si un mot du glossaire correspond à ce que l’on vous a dit, notez-le et parlez-en à votre équipe soignante lors du prochain rendez-vous.

Les questions de vos proches et les vôtres nourrissent aussi les prochains contenus. Un mot que vous aimeriez voir expliqué, une idée reçue entendue dans la salle d’attente, une question que vous n’avez pas osé poser : vous pouvez les laisser en commentaire sous les publications. Elles servent de point de départ aux prochains formats, toujours avec la même règle, une réponse simple, vérifiée et validée par les soignants.

En résumé

Oncogard explique le cancer avec trois formats courts, conçus avec l’agence social media The Gratin et validés par l’équipe médicale : le Vrai/Faux pour corriger les idées reçues, le glossaire pour apprivoiser le vocabulaire, un mot par mois, et les questions pas bêtes pour entendre les médecins répondre aux interrogations du quotidien. Entre novembre 2025 et août 2026, les vidéos de questions ont réuni 94 % des vues des vidéos Instagram d’Oncogard, et les glossaires ont touché environ deux fois et demie plus de monde qu’une publication habituelle. Pour tout ce qui concerne votre situation personnelle, votre oncologue reste votre premier interlocuteur.


Sources

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