Parmi les approches proposées aux personnes traitées pour un cancer, l’acupuncture occupe une place à part. En France, elle est considérée comme un acte médical et doit être pratiquée dans un cadre adapté.

Selon l’Institut Curie, 15 à 20 % des patients traités par chimiothérapie ont recours à l’acupuncture en France. Cet intérêt conduit de plus en plus de personnes à s’interroger : dans quelles situations peut-elle être proposée ? Que peut-on réellement en attendre ? Quelles précautions faut-il prendre ?

Le jeudi 17 septembre 2026, l’Espace Rencontre Information reçoit Marc Freard, médecin acupuncteur du service des Troubles du Sommeil et Acupuncture du CHU de Nîmes. Cette rencontre permettra de mieux comprendre la place de l’acupuncture pendant et après les traitements contre le cancer.

Stimuler des points précis du corps

L’acupuncture est une pratique issue de la médecine traditionnelle chinoise. Elle consiste à stimuler des points précis du corps. Dans cette tradition, ces points sont répartis le long de trajets appelés méridiens.

Le praticien utilise généralement des aiguilles très fines. D’autres formes de stimulation peuvent également être employées, notamment la chaleur, appelée moxibustion, ou une faible stimulation électrique appliquée aux aiguilles.

Plusieurs centres de cancérologie français ont intégré l’acupuncture en offres complémentaires, aux côtés de l’hypnose, de la sophrologie, de la relaxation, du qi gong ou de la réflexologie. L’objectif n’est pas d’agir sur le cancer lui-même, mais d’accompagner certains symptômes et d’améliorer le confort physique ou psychologique pendant le parcours de soins.

En France, un acte médical

La jurisprudence française considère l’acupuncture comme un acte médical. Sa pratique est donc réservée aux membres des professions médicales, dans les limites de leur champ de compétence.

Dans le contexte d’un cancer, l’interlocuteur le plus adapté est un médecin formé à l’acupuncture et habitué à accompagner des personnes suivies en oncologie. Il peut prendre en compte les traitements en cours, l’état de santé général, les résultats biologiques et les éventuelles précautions signalées par l’équipe soignante.

Ce cadre vise à sécuriser la pratique. La qualité de la formation ne suffit toutefois pas à garantir une expérience particulière en cancérologie. Il reste donc utile de se renseigner avant de commencer.

Les questions à poser avant de prendre rendez-vous

Vous pouvez demander au praticien de préciser sa formation et son expérience. Trois questions permettent généralement d’engager la discussion :

  • Avez-vous l’habitude d’accompagner des personnes en cours de traitement oncologique ?
  • Pouvez-vous échanger avec mon équipe soignante si cela devient nécessaire ?

Un professionnel habitué à l’oncologie doit pouvoir expliquer clairement son rôle, les limites de sa pratique et la manière dont les séances s’intègrent au parcours médical.

Une pratique ancienne encore étudiée

L’acupuncture est pratiquée depuis des siècles, mais son évaluation selon les méthodes de la recherche clinique moderne est plus récente. De nombreux travaux ont été publiés, avec des résultats qui ne permettent pas de conclure de la même façon pour tous les symptômes.

Les données disponibles sont notamment favorables concernant les nausées et les vomissements provoqués par la chimiothérapie. Les référentiels de soins oncologiques de support évoquent également son intérêt pour les bouffées de chaleur induites par certains traitements.

L’acupuncture est aussi proposée dans certains établissements pour accompagner la douleur, l’anxiété, la fatigue ou les troubles du sommeil. Pour ces situations, les résultats scientifiques restent plus variables. Le fait qu’une pratique soit proposée dans un établissement ne signifie pas qu’elle produira le même bénéfice pour chaque personne.

Les recherches se poursuivent afin de mieux identifier les indications pertinentes, les modalités de pratique et les patients susceptibles d’en bénéficier. Une consultation permet précisément d’évaluer ce que l’acupuncture peut éventuellement apporter dans une situation donnée.

Un soin de support, jamais un traitement du cancer

L’Association francophone des soins oncologiques de support est claire sur ce point : l’acupuncture peut être envisagée comme un soin de support, mais elle ne constitue pas un traitement spécifique du cancer.

Elle intervient en complément de la chirurgie, de la radiothérapie, de la chimiothérapie, de l’immunothérapie, des thérapies ciblées ou de l’hormonothérapie. Elle ne remplace aucun de ces traitements et ne guérit pas la maladie.

Son objectif est différent : contribuer, dans certaines situations, à soulager un symptôme ou à mieux vivre une étape du parcours. Renoncer à un traitement anticancéreux ou le modifier au profit d’une approche complémentaire peut entraîner une perte de chances. Toute évolution du traitement doit être décidée avec l’équipe médicale.

Quelle place dans le parcours de soins ?

L’Institut national du cancer a défini un panier de neuf soins de support considérés comme indispensables. Il comprend notamment la prise en charge de la douleur, l’accompagnement nutritionnel, psychologique et social, l’activité physique, la préservation de la fertilité, la prise en soins des troubles de la sexualité, les conseils d’hygiène de vie et le soutien des proches.

L’acupuncture n’est pas considérée comme indispensable. Elle fait partie des approches complémentaires que certains établissements choisissent d’intégrer à leur prise en charge. Cela explique qu’elle puisse être proposée dans un centre et pas dans un autre, avec des modalités d’accès différentes.

Les besoins en soins de support doivent être évalués dès l’annonce du diagnostic, puis réévalués tout au long du parcours, pendant les traitements comme après leur fin. Si un symptôme ou une difficulté pèse sur votre quotidien, vous pouvez en parler à votre équipe à tout moment.

Parlez-en toujours à votre équipe médicale

Avant de commencer des séances d’acupuncture, informez l’oncologue ou l’équipe qui vous suit. Cette démarche permet de vérifier que la pratique est compatible avec votre état de santé et les traitements en cours.

Certaines situations demandent une vigilance particulière, notamment en présence d’un lymphœdème, de lésions cutanées, d’un risque infectieux ou de troubles sanguins. Les précautions dépendent également de la zone concernée, du protocole suivi et des résultats biologiques.

Seul un médecin connaissant votre dossier peut évaluer ces éléments. Parler de votre démarche à l’équipe soignante facilite aussi la coordination entre les différents professionnels qui vous accompagnent.

Rendez-vous le 17 septembre 2026

La prochaine rencontre thématique de l’Espace Rencontre Information est consacrée à l’acupuncture et au cancer. Elle sera animée par Marc Freard, médecin acupuncteur au CHU de Nîmes.

Ce temps d’échange permettra de poser directement vos questions à un praticien et de mieux comprendre les bénéfices possibles, les limites et les précautions associés à l’acupuncture en oncologie.

La rencontre aura lieu le jeudi 17 septembre 2026, de 14 h 30 à 16 h 30, dans la salle de réunion du niveau +2 de l’Institut de Cancérologie du Gard, au CHU de Nîmes.

L’inscription est obligatoire auprès de l’ERI, au 04 34 03 46 09 ou à contact.eri30@gmail.com.

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